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Secours en montagne et assurances : ce qu'il faut savoir avant de partir

Un accident en haute montagne peut coûter des milliers d'euros ou de francs suisses en opérations de secours, avant même les soins médicaux. Comprendre les systèmes de secours alpins et les assurances disponibles est une des préparations les moins romantiques mais les plus essentielles d'une expédition en montagne.

Les systèmes de secours : quatre pays, quatre approches

Suisse : REGA et Air Zermatt

La Rega (Garde Aérienne Suisse de Sauvetage) est une fondation privée financée par contributions volontaires (membres, environ 40 CHF par an). Elle opère 17 bases hélicoptères couvrant l'ensemble du territoire suisse, avec intervention possible dans les zones alpines les plus reculées. En tant que donateur Rega, les frais de transport aérien en Suisse sont pris en charge lors d'une intervention.

Air Zermatt et Air-Glaciers sont des opérateurs privés complémentaires qui assurent des opérations de secours en haute montagne dans le Valais. Air Zermatt, basée à Zermatt, est spécialisée dans les interventions techniques sous le Cervin et dans les 4 000 mètres de Zermatt.

France : PGHM

Le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) est l'unité militaire française spécialisée dans le secours en montagne. Basé à Chamonix, Bagnères-de-Bigorre, Briançon, Modane et Albertville, le PGHM opère avec des hélicoptères Alouette III, Super Puma et des EC145. Les secours en France sont théoriquement gratuits pour les ressortissants français — mais le débat sur l'introduction d'une participation aux frais de secours en cas d'imprudence avérée est récurrent.

La SAMU de montagne et les services des pompiers de montagne (GRIMP — Groupe de Reconnaissance et d'Intervention en Milieu Périlleux) complètent le dispositif.

Autriche : Bergrettung

L'ÖAV (Österreichischer Alpenverein) et les Bundesländer gèrent la Bergrettung (secours en montagne). Les membres ÖAV bénéficient d'une assurance secours incluse dans leur cotisation annuelle (environ 65 EUR). Le système autrichien est réputé pour sa rapidité d'intervention dans les Alpes orientales.

Clubs alpins : l'assurance la plus rentable

L'adhésion au DAV (Deutschen Alpenverein), au SAC (Club Alpin Suisse), au CAF (Club Alpin Français) ou à l'ÖAV inclut une assurance secours qui peut couvrir partiellement ou totalement les frais de sauvetage dans les Alpes. Le DAV couvre par exemple jusqu'à 20 000 EUR pour le sauvetage en montagne mondial. Le SAC couvre les interventions dans les zones de montagne suisses et européennes.

Pour un alpiniste qui fréquente régulièrement la haute montagne (Haute Route, ascensions 4 000 m, trekking himalayens), l'adhésion à un club alpin est l'assurance la plus rentable disponible. La cotisation annuelle (60 à 120 EUR selon les clubs) représente une fraction du coût d'une seule intervention.

Les complications de l'assurance en Suisse

En Suisse, le système d'assurance est complexe. L'assurance maladie de base (LAMal) ne couvre pas les évacuations médicales en hélicoptère d'office — seulement si le transport est médicalement nécessaire (ce qui est le cas dans la majorité des urgences en montagne). L'assurance complémentaire (LCA) peut couvrir les transports non urgents et les rapatriements.

Pour les alpinistes étrangers en Suisse, l'assurance voyage classique européenne (carte bleue haut de gamme, Europ Assistance, etc.) couvre généralement les frais de secours à hauteur de 30 000 à 100 000 EUR. Vérifiez les clauses d'exclusion : certaines polices excluent les « sports à risques » dont l'alpinisme technique. Certaines exigent que l'activité soit pratiquée encadrée par un guide professionnel.

Avant de partir : deux gestes essentiels

Signaler son itinéraire avant le départ est la règle de base dans tous les pays alpins. En France, le PGHM recommande de laisser un plan de marche avec les noms des refuges et les horaires prévus auprès d'un contact en vallée. En Suisse, AlertSwiss permet un enregistrement numérique.

Vérifier sa couverture assurance avant le départ est le second geste. Un coup de téléphone à son assureur pour confirmer que les activités alpines sont couvertes, les montants de couverture et les procédures d'urgence à suivre en cas d'accident, vaut 15 minutes de temps pour potentiellement éviter un litige de plusieurs milliers d'euros en cas d'incident.

Les numéros d'urgence européens

Numéro d'urgence universel en Europe : 112. En montagne, en cas de mauvaise réception, le 112 peut passer là où les numéros nationaux sont injoignables. En Suisse, le 1414 est le numéro direct de la Rega. En France, le 15 (SAMU) ou le 18 (pompiers) ou le 112.

La localisation GPS via un téléphone ou une balise PLB (Personal Locator Beacon) est la donnée la plus précieuse pour les secouristes. Toujours activer la localisation GPS du téléphone avant d'appeler les secours en montagne.

À explorer sur la carte

Les refuges et zones d'opération des services de secours alpins sont répertoriés sur la carte interactive.

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